Fem&L.A.W., les femmes et leurs droits en temps de pandémie

Notre association est une petite collective, composée de bénévoles qui assument toutes diverses charges par ailleurs, qu’elles soient professionnelles, familiales et/ou autres. Par conséquent, cette période de confinement a signifié un gel de nos activités, sachant que nous étions déjà extrêmement occupées auparavant par une réorganisation interne concomitante à la conduite de plusieurs projets, dont la publication de notre Code commenté de droits des femmes.

 

Nous restons cependant particulièrement attentives à la défense des femmes et de leurs droits, et au caractère crucial de l’action en la matière ; plusieurs d’entre nous continuent à s’impliquer au cœur de cette action, au Barreau et ailleurs. Les femmes sont sur tous les fronts, aujourd’hui plus encore qu’habituellement : dans les fonctions de care, au sein des institutions médicales comme dans les foyers, d’une part ; en difficulté face aux violences intrafamiliales, aux inégalités socio-économiques, aux obstacles qui se dressent entre elles et leurs droits civils, sexuels et reproductifs, d’autre part.

 

Si les femmes n’ont indéniablement pas fait l’objet de l’attention nécessaire, les efforts qui ont été fournis peuvent être soulignés.

Au niveau des autorités, on soulignera le renforcement des aides possibles en matière d’hébergement, des dispositifs destinés aux femmes migrantes, des écoutes ouvertes aux victimes de violences conjugales et/ou de violences sexuelles, de la poursuite des (trois seuls mais) formidables Centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles (sur place et par un chat anonyme).

 

Nous remercions les associations qui ont tenu la barre pendant ces semaines si difficiles et nous rallions, tardivement donc symboliquement certes, aux communiqués, cartes blanches et lettres ouvertes qu’elles ont publiées – en particulier aux lettres des 1er et 25 avril 2020 adressées à la Première Ministre et aux membres de la Commission interministérielle sur les droits des femmes ainsi qu’à la lettre adressée de la Fédération des Plannings familiaux sur les effets de la crise sanitaire sur l’accès aux droits et à la santé sexuelle et reproductive.

Merci, brava à Isala pour sa permanence à destination des personnes en situation ou à risque de prostitution.

 

Par ailleurs, nous prenons acte de diverses publications qui donnent un reflet politique et scientifique aux difficultés rencontrées par les femmes en ces temps de pandémie : qu’il s’agisse de l’ONU ou du Comité des parties à la Convention d’Istanbul qui ont souligné le lien entre la pandémie et les violences envers les femmes, du Conseil de l’Europe quand il rappelle quelles obligations incombent aux États pour limiter les effets de la pandémie sur l’égalité entre les femmes et les hommes, du Parlement européen qui a poursuivi certains travaux sur le pan psychologique de ces violences ou d’associations de terrain qui ont soutenu et soutiennent, au niveau interpersonnel comme global, les effort de toutes et tous à cet égard – pensons à Garance ou à Vie Féminine, parmi bien d’autres.

 

Fem&LAW, dans la mesure de ses capacités, tâche de se remettre en selle. Pour mettre le droit au service des femmes et le féminisme en action dans le droit. En solidarité avec les mères seules, les femmes atteintes d’un handicap, les victimes de violences, les mères qui télétravaillent, les femmes qui surnageaient déjà si courageusement dans un contexte économique si difficile, les femmes qui n’ont pas accès aux indispensables soins de santé (sexuelle et reproductive notamment), les femmes en situation de migration, les femmes à risque dans leur milieu professionnel, nous reprenons les rennes de notre engagement.

 

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